Mystique chrétienne

mystique, spiritualité, christianisme, prière, oraison

L'initiation sacerdotale est à distinguer, radicalement, de l'Ordination sacerdotale. Toute confusion sur ce sujet mène au sacrilège en plus de l'injustice.
1. L'INITIATION UNIVERSELLE
Tout être humain entre dans l'Eglise et devient membre du Corps du Christ, par les mêmes rites. L'Initiation chrétienne est universelle, elle ne fait aucune distinction d'aucune sorte. “De même en effet, que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps en dépit de leur pluralité ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Aussi bien est ce en un seul Esprit que nous avons été baptisés en un seul Corps, Juifs ou grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d'un seul Esprit” (1ère Corinthiens 12 : 12-13). Les trois étapes de l'Initiation universelle sont le Baptême, la Chrismation (ou Confirmation) et la Communion Eucharistique.
2. LES CHARISMES FONCTIONNELS
L'unité d'un corps intègre la diversité harmonieuse de ses fonctions différentes : “Car de même que notre corps possède plus d'un membre et que ces membres n'ont pas tous la même fonction, ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu'un seul Corps dans le Christ, étant chacun pour sa part, membres les uns des autres ; mais pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée” (Romains 12 : 6-7).
La société des hommes étant l'expression incarnée du Corps du Christ, ce modèle lui sera appliqué, dans sa tripartition traditionnelle indo-européenne. C'est ainsi que naîtront les trois initiations charismatiques : l'initiation sacerdotale ; l'initiation chevaleresque et l'initiation de métier. Ces trois initiations, étant internes à la société chrétienne, il n'est possible d'y accéder qu'en ayant préalablement reçu l'initiation universelle en ses trois degrés. Ces trois initiations ne constituent pas des “hauts grades”, mais des voies charismatiques, spécifiques à la fonction (mission) de chaque être, à l'intérieur de l'unique initiation universelle. Chacune de ces trois initiations est régie par un code particulier.
3. L'INITIATION SACERDOTALE
Le propre de l'initiation sacerdotale, c'est la Prière. Cette initiation fut véhiculée, et l'est encore, par les Confréries laïques et les ordres monastiques.
Dans le cas des Confréries, les prières sont spécifiques à l'objet de dévotion, par exemple prières envers le Sacré Coeur, le Saint-Esprit, les instruments de la Passion (Pénitents). La Confrérie est régie par un Maître ; il faut être parrainé pour y entrer ; il faut prêter un serment d'engagement et d'entraide ; un signe d'appartenance (et de reconnaissance), souvent vestimentaire est donné. l'engagement implique aussi une discipline de vie (Oblats, Tiers-Ordre), avec lecture de textes particuliers : vie d'un Saint ou d'une Règle monastique. Il y a aussi les obligations calendaires avec les réunions annuelles à date fixes (jour de fondation, fête du Saint patron).
Au sein des ordres monastiques, l'initiation est axée sur l'Office divin, ensemble de 7/8 services de prières, codifiées, qui doivent être célébrés à des heures précises. Les ordres monastiques sont dirigés par le maître de l'Ordre ; il n'y a pas de parrainage, mais un temps de probation, puis les voeux (serment) ; un rite de mort/résurrection (prosternation) avec attribution d'un nom nouveau et d'un vêtement spécifique ; il y a aussi l'observance de la Règle et la vie communautaire (fraternité).
Tous ces rites qui signent l'initiation sacerdotale n'en sont pourtant pas le fond, mais la forme, le moyen. Le but unique reste l'engagement à la prière et à la prière chrétienne : il ne peut y avoir d'Initié non pratiquant. Dans ce type d'associations, les activités caritatives et bienfaisantes sont de rigueur. Elles ne font pas l'initiation sacerdotale : étant exigées de tout baptisé, elles relèvent de l'initiation universelle.
Tout ordre, toute fraternité ou Société qui se réclame de l'initiation sacerdotale doit intégrer en ses statuts une ou plusieurs obligations de prière.
4. L'ORDINATION SACERDOTALE
Elle se compose de 3 degrés, qui sont autant d'ordres : l'Ordre des Diacres, l'Ordre des Prêtres et l'Ordre des Evêques. Ordres : car chacun possède ses règles de discipline. Trois : en référence aux 3 fonctions du Christ : prophétique (diacres) ; sacrificielle (prêtres) ; royale (évêques). Les ordres mineurs sont conférés par des bénédictions et non par des ordinations. Ces trois Ordres sont assujettis, comme les moines, au service quotidien de l'Office divin.
La marque spécifique des ordinations sacerdotales est d'être établies pour l'administration des Sacrements et ce, au bénéfice des fidèles : l'ordination n'est pas conférée pour une dévotion privée, mais pour le service public (liturgie), dont le point central est l'Autel de l'Eglise et le rite majeur : la célébration eucharistique.
Pour cela, les Ministres Ordonnés reçoivent une grâce particulière qui vient, selon la Tradition, des Apôtres. Cette grâce est active dans l'exercice de l'activité pour laquelle elle est donnée : la célébration des Sacrements. Elle n'est pas un influx spirituel qui transforme la personne qui la reçoit : Dieu n'est pas guénonien.
5. VALIDITE DE L'ORDINATION
La transmission de la Filiation Apostolique nécessite, pour être valide, le respect d'un certain nombre de conditions que l'on peut apprendre grâce aux cours de théologie. L'imposition des mains, à elle seule, ne fait pas le Sacrement, même accompagnée de paroles du type : “je te transmets les ordres majeurs”. Les intentions de donner et de recevoir, les responsabilités et devoirs doivent être précis et précisés, et conformes au but traditionnel recherché. De même, le cadre de transmission est important : il ne peut être que l'Autel, disposé et consacré selon les rites de l'Eglise et la transmission ne peut avoir lieu que durant une célébration eucharistique. Celle-ci, pour être valide, doit également respecter un certain nombre de conditions précises. La présence du pain et du vin ne fait pas l'Eucharistie, loin s'en faut. Cela peut, le cas échéant, faire l'eulogie, voire éventuellement le mémorial au sens où l'entendent les traditions évangélistes, mais en aucun cas l'Eucharistie.
L'initiation sacerdotale relève du Ministère des laïcs ; c'est dans ce cadre strict qu'elle doit s'exercer, par la prière

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Réponses à cette Discussion

Oui, tout baptisé participe au Sacerdoce de Melkisédek.

Tu as parlé de l'initiation sacerdotale ; peux-tu en dire plus sur l'initiation chevaleresque et l'initiation de métier ?

Serge

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Voila une question bien particulière que tu me poses et c'est avec un grand plaisir que j'accepte de t'en parler.

- l'initiation chevaleresque comme tu le sais est une initiation qui se donne au sein des Ordres de chevalierie( Templiers, Hospitaliers,...). Elle met l'accent sur un certain nombre de valeurs morales(justice, paix, défense des pauvres...) mais aussi spiritulles voire réligieuses(cas pour les templiers au départ).

- L'initiation de métier porte sur la transmission d'un savoir faire, d'un certain art( du moins pour ce qui est de son coté opératif) c'est le cas aujourd'hui pour le compagnonnage. Sur le plan purement spéculatif on retrouve de nos jours des Groupements tels que la franc maçonnerie qui utilisent la symbolque des métiers(notamment des outils symboliques) pour transmettre une certaine forme d'initiation.

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Tu as aussi parlé de l'initiation chevaleresque. Fais-tu un lien entre la chevalerie et la Quête du Graal ?

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Je ne sais pas grand chose de la quête du graal si ce n'est qu'elle comporte deux aspects: le coté historique et fantastique selon lequel le graal serait un calice contenant le sang du christ rapporté par joseph d'arimathie. Et le coté spirituel de la quête se reférerait en fait à la quête du Divin en soi.

Peux tu m'en dire d'avantage et m'éclairer sur ce sujet?

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Oui, la quête du Graal dans une de ses dimensions est la Quête du Divin en soi. Elle est l'oeuvre des chevaliers.

Mais peux-tu détailler l'initiation chevaleresque ? Comment on devient chevalier, sa mission, la quête associée ?

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Cher Fra,

Tu me sembles être mieux informé que moi sur la question. Peut-être que tu pourrais nous donner quelques détails sur l'initiation chevaleresque?

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La Quête du Graal est la quête-type de la culture médiévale occidentale.

Ce terreau culturel nous est assez familier. La Quête du Graal peut donc nous servir de clef à la compréhension de ce qu'est une quête ou un cheminement initiatique ; elle permet ainsi d'aborder plus facilement d'autres quêtes ou cheminements initiatiques parfois moins immédiats d'accès, lorsqu'ils s'inscrivent dans d'autres cultures ou dans d'autres traditions.

La Quête du Graal a ceci de particulier qu'elle est une quête initiatique à forte coloration chrétienne.

Ce n'est pas d'abord le Graal, comme objet, qui doit focaliser l'attention. Ce qui importe plutôt, ce sont les changements qu'il entraîne dans le corps, le coeur et l'esprit de l'homme qui se consacre à sa recherche.

D'une certaine façon, la Quête est plus importante que le Graal, car elle est le lieu privilégié de la transformation de l'homme qui s'y livre.

Ceci explique que nous définirons bien plus tard ce qu’est le Graal .Pour l'instant, il suffit de l'entendre comme une façon de nommer l'Ultime ou l'Absolu.

Pourtant, il est nécessaire d'être chevalier pour commencer la Quête du Graal. Certains, comme Perceval qui ne sont pas chevaliers, postulent pour le devenir ; l'épée qu'ils reçoivent alors va les aider à mener la Quête à bien.

Durant la Quête, les chercheurs sont même amenés à réparer des épées brisées ou recoivent des armes destinées à eux seuls - qu'ils utiliseront dans leur progression.

En ce sens, nous avons tous à devenir des chevaliers avant même de commencer la Quête ; c'est-à-dire à montrer notre volonté de nous y engager.

Les chevaliers de la Table Ronde étaient liés entre eux par un code d'honneur très strict.

Avec la Quête du Graal, une évolution est bien perceptible :

. avant, les chevaliers obéissent à un code qui régit leur vie ;
. pendant, les chevaliers s'engagent dans une quête vers l’inconnu, dans un état de disponibilité et d'obéissance.

Les chevaliers partent tous pour la Quête, mais font bientôt serment de la poursuivre isolément ; ils passent ainsi d'un stade communautaire à un stade plus individuel ; car la Quête est d’abord personnelle - même si elle est souvent menée en groupe, ce qui peut l’aider.

Les chevaliers qui se lancent dans la Quête du Graal pour découvrir un objet font fausse route et ne réussissent pas. De même, les chevaliers "terrestres" qui comptent sur leurs propres forces (bravoure, héroïsme...) s'égareront. Car la Quête est parsemée d'obstacles, de leurres, de tests et d'épreuves redoutables.

Pour réussir la Quête, il faut donc passer de la chevalerie "terrestre" à la chevalerie "céleste" ou "spirituelle".

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Si vous me le permettez, je voudrais revenir sur la question de l'Initiation.

Il est bon d'avoir une vision écclésiologique plus "respirante", et ceci se reflètera avec un grand bénéfice sur la question de l'Initiation.

Si on part d'une "division" tripartite de l'Eglise, à l'image du Christ : Prophétique, Sacerotale, et Royale, et que l'on arrive à discerner dans chacune de ces fonctions, des charismes, ou missions ou catégories dans le Peuple de Dieu, on arrive ainsi à une vision plus conforme à la réalité de l'Eglise historiquement parlant et théologiquement.
En gros, si le Pape et les Evêques représentent plus principalement la fonction Royale (de Gouvernement), nous avons donc, sur le terrain les deux autres fonctions : "Sacerdotale" remplie essentiellement par les prêtres de paroisse, par la vie paroissiale et la fonction "Prophétique", remplie essentiellement par les ermites, moines, religieux, mouvements récents, instituts séculiers, facultés de Théologie, Ecoles, Instituts, les Chercheurs, etc.

L'initiation dont vous parlez et que vous destinez à tous (laics inclus), et que vous intitulez "initiation sacerdotale" (en la distinguant de l'ordination) est en fait la Branche Prophétique de l'Eglise (les moines sont fondamentalement des laiques consacrés et il n'est pas du tout nécessaire de devenir Prêtre pour être moine). En ce sens l'appeler "sacerdotale" est moins adapté. En fait, cette Initiation normalement se transmet de Père spirituel à Fils spirituel. Elle a son contenu d'enseignement (on peut voir le Corpus spirituel des Pères du Désert, puis par la suite des Spirituels, des Mystiques etc), et elle a ses modalités de transmission, orale, intérieure etc.

Par contre, il est bon de souligner que les deux fonctions qui sont sur le terrain, la Prophétique et la Sacerdotale, doivent apprendre à vivre ensemble, sans fusion, sans mélange, sans confusion, savoir s'entraider, car chacune a besoin de l'autre et les deux sont nécessaires! Tout l'art de la "gestion" est de les faire avancer ensemble, sans mélange ni confusion.

Si on ne voit ou on ne distingue dans l'Eglise que la Fonction Sacerdotale (la Paroisse, le Prêtre de Paroisse etc), nous sommes devant une Eglise morte, rigide, hiérarchique, sans souffle prophétique. Et essayer de frayer à l'intérieur de cette vision mono-fonctionnelle de l'Eglise un chemin pour un souffle initiatique authentiquement chrétien ressemble à la quadrature du cercle.

Ces remarques à la fois ecclésiologiques et initiatiques, méritent bien sûr un développement de la dimension d'un livre.
à plus
Jean

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Concernant l'initiation :

. au niveau individuel, chaque baptisé est Roi, Prêtre et Prophète (Prêtre au sens de l'Ancien Testament) ;

. au niveau sociétal et non plus ecclésial :

- la fonction royale est assurée par le chef de l'Etat (rôle donné par Dieu selon le NT) et Jésus était Roi d'Israël ;
- la fonction sacerdotale (Pape, Evêques, prêtres...) et Pierre était le chef de l'Eglise ;
- la fonction prophétique assurée de manières diverses et variées (cf. Jean le Baptiste...).

Serge

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On peut aussi, dans le cadre de l'initiation, considérer avec intérêt le concept des fonctions tripartites indo-européennes, développé par Georges Dumézil.

Ses travaux montrent que les schémas mentaux de tous les peuples indo-Européens, qu'ils soient Grecs, Arméniens, Celtes, Indo-iraniens, Baltes, Germains, Slaves ou Latins, présentent un trait commun : l'organisation selon trois fonctions primordiales.

On retrouve cette structure essentiellement dans les mythes, mais également dans les structures narratives, et dans l'organisation sociale - théorie des ordres : "ceux qui prient" (oratores), "ceux qui combattent" (bellatores) et "ceux qui travaillent" (laboratores) de Adalbéron de Laon.

- la première fonction, dite fonction sacerdotale, est liée au sacré.

- la deuxième fonction, dite fonction guerrière, est liée à défense du peuple.

- la troisième fonction, dite fonction productrice, est liée à la fécondité. Elle regroupe les agriculteurs, éleveurs, artisans, et les commerçants. Elle correspond à la troisième caste de l'Inde : les vaisya (aussi - ârya), et aux divinités liées à la paix, à l'amour et la prospérité.

C'est par le biais de la mythologie comparée que Dumézil a mis en lumière l'existence d'un tel schéma.

(source Wikipedia)

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